LA PRODUCTION

La production au sein de la distillerie d’Arzens est saisonnière, mais notre activité s’étend tout au long de l’année.

Lors de la réception du marc de raisin pendant la période des vendanges, nous utilisons des cuves de 100 m3 de contenance afin de réaliser la macération du marc : c’est l’atelier de diffusion. Le marc frais est réceptionné et vidé dans une cuve de diffusion, puis nous mouillons ce marc avec de l’eau afin d’en extraire ses composants. Nous procédons à un enrichissement du jus de macération de cuve en cuve, le marc, est lui, épuisé de tout son alcool, grâce aux lavages successifs qu’il va subir. Ce que nous cherchons à extraire du marc de raisin, c’est l’alcool restant, sa pigmentation lorsqu’il est coloré, qui provient des molécules dites anthocyaniques, et sa richesse en polyphénols anti oxydant.

Plateforme en cours de remplissage avec le marc épuisé
Marcs colorés en cuve de diffusion

La distillation

Deux de nos colonnes à distiller sont sous pression atmosphérique, elles se différencient principalement de par leurs types de plateaux : une colonne à distiller Savalle, et une du fabriquant Speichim. Ces deux colonnes sont dimensionnées pour produire de l’alcool allant jusqu’à 94°, à partir de mélange de 4 à 14° environ.

Le type d’alcool produit dépend de la matière traitée. A partir des piquettes de marc issues de la diffusion et des lies de vin, nous produisons principalement du bioéthanol à 93°, qui sera commercialisé en biocarburation. Nous produisons également des eaux-de-vie de vin, qui alimente le marché des alcools de bouche.

calottes sur plateau de colonne de concentration Savalle

L’atelier d’épépinage : triage du marc

Une fois le marc épuisé en diffusion, la cuve est vidée du liquide qu’elle contient, et le marc est vidangé à l’aide d’une pelle mécanique. Il va être convoyé sur les plateformes en contrebas de notre bande de diffusion, puis tassé en attente du triage.

L’atelier d’épépinage se compose de 3 trommels successifs qui vont tamiser le marc de raisin grâce à un mouvement rotatoire. Notre station mobile d’épépinage a été conçu par le groupe FLDI.

Nous obtenons de ce triage, 3 sous produits : du marcs grossiers qui sera réutilisés par nos adhérents en tant qu’amendements organiques, des pulpes fines qui seront vendues à des fabricants d’engrais, puis, des pépins de raisin qui seront séchés et utilisés pour faire de l’huile de pépin de raisin. Cette huile de pépin de raisin est fabriquée par les Grandes Huileries du Midi, en collaboration avec de nombreuses autres distilleries viticoles, nous sommes rassemblés sous l’entité Raisinor France.

L’extraction des polyphénols de raisins antioxydants

Les composés phénoliques, et plus précisément les flavonoïdes, sont présents en quantité importante dans la peau, la pulpe et le pépin de raisin. Nous reconnaissons particulièrement les proanthocyanidines, comme des molécules avec un fort pouvoir antioxydant.

Grâce à des résines absorbantes contenues dans plusieurs colonnes, nous allons pouvoir capter les polyphénols contenus dans le marc de raisin. L’éluat obtenu très riche en polyphénols, sera ensuite concentré. Les concentrés liquides de polyphénols obtenus, ou poudre de polyphénols, sont commercialisé sur les marchés cosmétiques ou nutraceutiques.

L’extraction des anthocyanes de raisin

Les molécules d’anthocyanes sont à l’origine de la pigmentation rouge des raisins. Elles sont présentent en quantité dans la peau et la pulpe, et l’anthocyane majoritaire du raisin est la malvidine. Nous extrayons ces anthocyanes lors de la diffusion du marc de raisin à l’eau sulfité. Les extraits colorés sont ensuite concentrés grâce à des évaporateurs sous vide. Les concentrés liquides d’anthocyanes obtenus, ou poudre d’anthocyane, sont commercialisé en colorant naturel pour l’agroalimentaire

La production de tartrate de calcium : traitement des lies de vins

Les vinasses de lies, c’est à dire le résidu en sortie de colonne à distiller lors du traitement des lies de vins, sont envoyées dans notre atelier de fabrication de tartrate de calcium. Nous allons faire précipiter le sel naturellement présent dans les lies de vin, à l’intérieur de nos cuves agités, avec un ajout d’acide nitrique et de chaux vive. Nous obtenons un tartrate de calcium qui contiendra environ 53% d’acide tartrique. Le mélange décanté passe dans un séparateur, puis dans notre four de séchage. Le produit fini sera sous forme d’une poudre blanche conditionnée en big bag. Nous le commercialisons via l’UNIT (union intercoopérative du tartre), qui alimente les entreprises fabricantes d’acide tartrique. L’acide tartrique naturel est notamment utilisé en tant qu’acidifiant pour l’agroalimentaire et le secteur viticole.